Rakoto, fils de Ranavalona 1ère monte légalement sur le trône le 16 août 1861, sous le nom de Radama II .
Il s’engage dans une politique radicalement différente, en commençant par faire revenir Laborde qu’il nomme nouveau consul.
Il remet en place tout ce qui existait lors du règne de son père, et supprime la peine de mort, libère les chrétiens emprisonnés et ouvre de nouveau le pays aux influences étrangères.
De plus, il proclame la liberté de culte et de pensée, supprime corvées et privilèges, et engage un rapprochement avec la France.
Il est un roi très humain et très populaire, malgré la fragilisation des institutions et les traditionalistes qui s’opposent à la réouverture vers l’étranger. Des manifestations de la part des traditionalistes se font de plus en plus violentes.
Il signe la Charte Lambert, une charte accordant à Joseph Lambert, aventurier français, un droit d’exploitation exclusif de tout le nord de Madagascar. Dès lors, les ambitions coloniales s’affichaient ouvertement. L'indépendance du pays est alors largement compromise.
De plus en plus indifférent aux affaires du royaume, le roi refusa de revenir sur sa décision, préférant se consacrer aux amusements avec ses fidèles « menamaso » (« les yeux rouges »), ses compagnons d’orgie et tombant ainsi dans la débauche.
Le premier ministre et tous les notables du palais résolurent d’éliminer tous les « menamaso ». Et le roi se fait étrangler le 11 mai 1863 avec une cordelette de soie, comme il en convient à sa personne sacrée, afin qu’il n’y ait pas de sang royal versé.
Cette disparition brutale est un moyen de dénoncer la charte Lambert et de préserver l’indépendance du pays.
Toutefois, le système monarchique fut profondément ébranlé, de nombreuses révoltes éclatèrent, conduites par des individus se prétendant être RADAMA II lui-même, ayant échappé miraculeusement à son assassinat.
Roi traître à son pays, incompétent et influençable, il fut considéré comme le piètre descendant d’une grande lignée de souverains majestueux : il n’est plus que « RADAMA nanjaka-tapany », celui qui n’a « régné qu’à moitié ».
Il fut inhumé à la sauvette dans sa propriété d’Ilafy et son nom fut effacé de la liste officielle des souverains de Madagascar.
Toutefois, ayant servi les intérêts coloniaux français, ceux-ci cherchèrent longtemps à le réhabiliter, en faisant de lui le « prince de la renaissance malgache ».