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La leçon de Valiha

La leçon de Valiha





Il était une fois, il y a très longtemps, au doux pays de Madagascar, un vieux
musicien, si vieux que sa barbe s’enroulait autour de ses pieds et qu’il lui
fallait faire attention pour ne pas tomber quand il se déplaçait.

Ce vieil homme était connu de tout le pays, car il détenait le secret des
mélodies.

Lui seul, savait faire vibrer les cordes de son instrument afin que celui-ci
transporte à travers les airs les secrets de fées, d’elfes, de farfadets, de
licornes magiques, de trolls et de lutins, sans oublier les magiciens des
terres lointaines.

A cette époque ou nul ne connaissait encore les secrets de la musique, les portes
des demeures les mieux gardées s’ouvraient d’elles-mêmes lorsqu’il effleurait
les cordes de son valiha.

Ce valiha était unique, car il l’avait reçu en cadeau de Zanahary, le créateur de
toute chose, qui avait eu pitié de son infirmité.

Car il faut savoir que ce vieil homme était né aveugle, et qu’il avait grandi seul,
sans amis de son âge, abandonné de tous.

On lui donnait des filets à réparer et il passait ses journées courbé sur sa
tâche, triste et malheureux.

Sa seule distraction était de siffler avec les oiseaux, et il était devenu si doué
dans cet art qu’un jour Zanahary l’entendit et voulu connaître son histoire.

Car, même si le créateur est censé tout savoir, parfois il est nécessaire de lui
expliquer les petits ennuis des pauvres mortels de ce bas monde.

Enfin, ému par le triste sort du vieil homme, Zanahary décida de lui faire un cadeau
afin qu’il puisse faire vivre les mélodies qui avaient été oubliées dans un des
recoins de son palais entièrement construit dans du cristal d’étoiles.



Il créa un instrument à la mesure de l’homme, et ce fut le Valiha.





C’était un Valiha fait dans de la pierre de lune, et les cordes en avaient été tressées
dans les cheveux des filles de Zanahary lui-même.

Quand le créateur, dans son infini bonté, déposa l’instrument dans ses bras, il lui
souffla dans l’oreille le secret pour faire vivre les mélodies.

Car elles étaient si fragiles et si capricieuses, qu’à la moindre fausse note elles
couraient se cacher dans leur refuge de cristal.

Et il fallait des jours de patience au musicien qui faisait vibrer les cordes sans
relâche, avant qu’elles ne daignent revenir se montrer.

Mais, quand elles étaient là, c’était un ravissement sans fin de les entendre
virevolter dans l’espace dans des ballets toujours réinventés.


Lorsque les mélodies se sentaient en sécurité, elles pouvaient danser autour du
musicien des jours durant, et c’était lui qui demandait grâce quand ses doigts,
de fatigue, ne pouvaient plus se mouvoir.




Les hommes ne pouvaient voir les mélodies, et tous croyaient que ce qu’ils
entendaient venait du Valiha.

Ainsi, sa vie durant, le musicien aveugle fit danser les mélodies.

Il les fit danser pour les rois et les reines, les puissants seigneurs, les riches
commerçants, mais pour les pauvres aussi.

Car les mélodies se donnaient en cadeau pour tous les hommes, sans préjugés de
quelque sorte.

Hélas, le musicien se faisait vieux, déjà ses doigts commençaient à le trahir, et
maintenant il n’était pas rare de voir plusieurs jours passer sans visite des
mélodies.

Alors, un jour il demanda à l’une d’elles ( car les mélodies sont des messagères
privilégiées) de demander l’autorisation à Zanahary de transmettre son savoir à
quelqu’un de plus jeune que lui afin que point ne se perde le secret de la
musique.

Zanahary vint lui répondre en personne qu’il acceptait sa requête, mais qu’il y mettait
quelques conditions.

D’abord, l’élève du musicien devrait avoir le cœur pur comme l’eau de la source, devrait –être aussi généreux que son professeur, et surtout, être capable de faire vibrer, dès la première fois et harmonieusement les cheveux d’anges.

Ces conditions paraissaient quelque peu difficiles à remplir, mais devant la
volonté de Zanahary, le musicien ne pouvait que s’incliner.

Et, dès ce moment, commença sa longue quête pour trouver celui ou celle qui lui
succèderait.

Tant qu’il eut assez de forces pour voyager, dans chaque village de chaque région il
scruta les visages et les âmes de ceux qu’il rencontrait.



Mais aucun d’entre eux n’était digne d’apprendre son art.

Vint le temps ou ses jambes ne le portèrent plus, alors il s’installa dans un petit
village au bord de la mer, car il aimait se faire bercer par le bruit des
vagues jouant avec le sable et le bruissement du vent dans les feuilles de
cocotiers.

Il jouait chaque jour à l’heure où la nuit réclame son règne, pour tous ceux qui
voulaient l’écouter et disait doucement qu’il cherchait quelqu’un pour
transmettre son savoir.

Bientôt, de tout le pays des gens vinrent, éperdus de l’envie d’être choisis.


Mais parmi eux, aucun n’avait les qualités requises.

Alors, on vit des embarcations aux lignes nouvelles mouiller devant le village, et ce
fut un défilé de tous les pays, de tous les continents.

Chaque nation était représentée, depuis les rivages de la Méditerranée jusqu’au
confins de l’Asie, en passant par l’Afrique et les Amériques.

C’était un véritable émerveillement de voir toutes les modes vestimentaires de tous ces
pays réunies en un seul endroit.

Car pour venir d’aussi loin, et connaissant les frais de transport de l’époque,
seuls les fils et filles de rois ou de riches marchands pouvaient se permettre
de faire le déplacement.

On vit des princes africains noirs comme l’ébène à la démarche fière et aux
muscles imposants, d’autres plus petits aux traits aigus qui venaient d’Arabie,
des blonds aux cheveux bouclés vêtus de peaux de bêtes, d’autres avec des yeux
bridés et habillés de soie, des hommes à la peau rouge et à la tête emplumée et
c’était tous les peuples de la terre qui défilaient.

Mais parmi tout ce beau monde personne ne trouva grâce aux yeux du musicien, car
pour percer les âmes il n’est point besoin de voir !

Et chaque jour nouveau voyait le vieil homme de plus en plus affaibli.

Il y eut encore des arrivants, notamment le fils du roi des terres perpétuellement
glacées et une princesse des îles vêtue de fleurs parfumées, mais aucun d’eux
ne réunissait les qualités par Zanahary demandées.

Le vieil homme se désespérait, car ses mains tremblaient tellement qu’il lui était
devenu presque impossible d’appeler les mélodies, et à force de ne plus être
éveillées elles risquaient de se réendormir d’un profond sommeil qui pourrait
durer des siècles, voire des millénaires, car le compte du temps n’est pas le
même pour tout ce qui touche au divin.


Presque toutes les nations avaient envoyé un représentant de leur élite, et parmi tous
ces gens pas un seul ne méritait d’obtenir le secret des mélodies.

Le musicien était quasiment résigné à emporter son secret avec lui dans l’au-delà,
quand, un soir, juste avant de s’endormir, il entendit une petite voix qui
chantonnait.

Et, à travers cette voix, il sut qu’il avait enfin trouvé la perle rare.

Il appela immédiatement son logeur afin d’obtenir l’identité de cette enfant.

Car c’était une voix de petite fille qu’il avait entendu, une petite fille qui ne
devait pas avoir plus de huit ans, et d’après sa voix elle devait être très
belle aussi.

Quand le propriétaire des lieux fut arrivé il lui demanda :

-« Dites-moi qui est cette petite fille que j’entends chantonner dans la maison ? Car
je crois que c’est la personne que je recherche depuis longtemps déjà. »

-« Vous devez faire erreur, noble musicien. Lui répondit l’homme. Celle que vous
entendez n’est qu’une petite souillon, que j’ai recueillie et qui s’occupe du
ménage dans la maison.

-Peu m’importe ce que vous pensez.. » Rétorqua sèchement l’aveugle. «
Faites la venir près de moi dans l’instant. »

L’homme sortit de la chambre en se disant que cela serait bien dommage que cette petite fille, qui s’occupait de toutes les corvées de la maison en échange d’un peu de
riz et de grains, fut choisie par le musicien alors qu’il avait une fille du
même âge.

C’est pourquoi, au lieu de lui amener celle qui faisait office d’employée à peu de
frais, il revint dans la chambre du musicien accompagné de sa propre fille.

-« Voilà celle que vous cherchez. » Lui dit-il d’un air qui se voulait dégagé.

-« Approche mon enfant. » Dit le vieil homme. « Approche, et chante-moi cette
petite chansonnette que j’ai entendue tout à l’heure. »

La fillette, qui connaissait la chanson pour l’avoir souvent entendue, se mit à chanter.

Il faut préciser que la fille du logeur était dénuée de tout sens moral et que le
mensonge était pour elle tout à fait naturel.

Mais on ne pouvait lui en tenir rigueur, car elle ne faisait que reproduire
l’exemple que ses parents lui avaient donné.

Elle était méchante aussi, et passait son temps à ennuyer Vololo, car c’était le nom de la petite bonne qui chantait si bien.

Enfin, inutile de vous dire que dès qu’elle eut commencé à chanter, le musicien se
rendit compte qu’elle n’était pas celle qu’il avait entendue !.

-« Ne me prenez pas pour un idiot. » Gronda le vieil homme. « Et faites
venir l’enfant à la jolie voix avant que ma patience ne soit à bout. »

Le logeur ne se le laissa pas dire deux fois, car il savait que le musicien avait
ses entrées parmi les plus grands du pays, et qu’il lui serait certainement
préjudiciable de se le mettre à dos.

Aussi partit-il chercher Vololo et dit à sa fille de quitter la chambre.

Le propriétaire se rendit dans la petite pièce toute sombre qui servait de chambre
à Vololo et lui tint ce propos :

-« Ecoute-moi bien petite souillon, le musicien te demande car il pense faire de toi son
élève, c’est une grande chance qui t’attend, profites-en et ne parle jamais à
personne de ce que tu as vécu ici ! »

Car il faut savoir que la pauvre petite avait subi un véritable martyr de la part
de toute la famille du propriétaire, non seulement elle devait s’occuper de
toutes les corvées les plus ingrates, mais de surcroît elle n’avait
pratiquement jamais assez à manger.

Sans parler de ses vêtements, si on peut parler d’habits d’ailleurs, elle ne
possédait en effet qu’une pauvre robe faite dans un goni.

Quant à son coucher, il consistait en une simple natte jetée sur la terre battue.

Enfin, la petite jure au logeur de taire les conditions de son triste sort, et se
rendit en sa compagnie dans la chambre du musicien.

-« Voici la petite chanteuse ! » Annonça le méchant homme.

-« Très bien, vous pouvez vous retirer. Répondit le vieillard. Je n’ai
plus besoin de vous. »

Le propriétaire se retira en grommelant, et Vololo se retrouva toute seule face à
l’aveugle qui l’impressionnait beaucoup.

-« Assieds-toi sur la chaise. » Lui dit-il. « Et fais moi écouter cette chanson que
tu fredonnais tout à l’heure. »

Vololo s’exécuta malgré son appréhension, car elle était quand même flattée que le
musicien lui porta un tel intérêt, c’était d’ailleurs la première fois que
quelqu’un se préoccupait d’elle.

Et c’était vrai que sa voix était belle et bien posée, c’était un pur ravissement
que de l’entendre.

Le musicien l’écouta attentivement, car au delà des sons c’était son âme qu’il
pénétrait.

Et ce qu’il ressenti lui convint tout à fait.



Le temps qu’elle exécute sa petite chanson, il sut tout de son histoire, toutes ses peines et ses souffrances, et ses aspirations aussi.

Et tout cela le conforta dans l’idée que sa longue quête était enfin terminée.

Quand elle s’arrêta, il resta un long moment sans rien dire, Vololo était persuadée
qu’elle avait déplut, mais en fait le vieux musicien laissait les notes
cristallines lentement disparaître dans l’espace comme on garde en bouche le
goût d’un mets exquis.

Puis il brisa le silence d’une voix qui se fit la plus douce possible, comme s’il
voulait atténuer le grave de sa voix pour apprivoiser l’enfant.

-« Je pense que tu es l’élève que j’ai longtemps cherchée, si tu le veux nous allons
partir d’ici sans plus tarder car il m’est impossible de te transmettre mon
savoir en ce lieu. »

Vololo fut d’abord trop étonnée pour répondre, puis elle se remémora les années
qu’elle venait de passer aux ordres de cette méchante famille et se rapprocha
du vieux musicien pour lui dire qu’elle était prête à partir sur-le-champ.

-« Je suis heureux de la promptitude de ton engagement. Lui répondit-il. Et je pense
pouvoir te garantir un sort beaucoup plus enviable que celui qui était le tien
jusqu’alors !

Mais avant tout, il faut que je règle certains détails avec ton ancien patron,
dis-lui de venir me rejoindre s’il te plait. »

Bien sûr que cela lui plaisait, échapper à cette vie de perpétuelles corvées et de
remontrances était ce qu’elle souhaitait le plus.

Aussi, courut-elle comme une jeune gazelle prévenir le vilain logeur du désir de son
nouveau maître… de musique cette fois-ci !

Le propriétaire fut quelque peu récalcitrant, voir s’en aller cette bonne à tout
faire n’était pas sans lui déplaire, mais le vieil homme avait beaucoup de
poids dans le pays et pour finir il ne put que s’incliner.

Le vieux musicien et la petite fille s’en allèrent par la route du Nord, la main de la petite serrant fort celle du vieux, c’était pour elle le début d’une vie nouvelle.

L’aveugle allait sans se soucier où le menaient ses pas car il savait que Zanahary le
guidait.



Publié à 07:50 le 2.06.2008 dans Livres Contes
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