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Conte N°3

Vous êtes toujours là !

Bien, alors dans l’histoire qui suit vous découvrirez des thèmes chers au cœur des malgaches, le partage, la loyauté et les liens d’amitiés, si forts chez nous qu’ils
finissent par enrichir notre vocabulaire.

Vous y rencontrerez le terme de Fokonolona qui se traduit par : groupe
communal. Mais peut aussi se comprendre comme : conseil des villageois.

Il faut savoir que jusqu’à aujourd’hui rien ne peut se faire d’important, dans les
villages de brousse, sans la réunion et l’aval du fokonolona.

On parlera aussi du Sikidy, qui est un art divinatoire malgache encore couramment
employé, et vous seriez étonné de la pertinence du résultat de sa consultation !



Il sera question du Lolobe, les lolos sont les esprits des eaux à ne pas confondre
avec les Razanas qui sont les esprits protecteurs de la tribu.



Cette histoire est importante car elle est censée être à l’origine du Fihavanana, un
mot qui a largement dépassé son sens littéral (bonnes relations) pour devenir
un véritable lien sacré qui unit tous les Malgaches.
Rasoa et Mahéla







Il était une fois,
dans des temps très reculés, un petit village situé sur la côte est de Madagascar.
Personne ne se rappelle plus le nom de ce village, car des années et des siècles se sont écoulés depuis l’histoire que je vais vous raconter, et les noms viennent et puis s’en vont comme les hommes et tout ce qui vit.

Mais ce dont on se souvient c’est qu’il était situé face à une île, bien protégé au
cœur d’une large baie.
C’est pour cela que je pense que ce pourrait bien être le village actuel de
Manompana, mais bien malin celui qui pourrait l’assurer.

De toute façon un peu de mystère ne nuit point quand l’on raconte une histoire.

Sachez qu’en ce village vivait un homme grand et fort que tout le monde respectait.

Grâce à sa force et son courage nul ennemi n’osait venir troubler la quiétude de la
petite communauté.

Malheureusement, cet homme n’était pas juste et abusait de son statut pour profiter du travail des autres villageois. Il demandait une partie de toutes les récoltes en échange de sa protection, ainsi qu’un tribut sur les prises des pêcheurs et sur les animaux d’élevage.

Rapidement il devint l’homme le plus riche du village, et posséda tant de riz qu’il dut
faire construire un grand grenier pour l’entreposer. Il dut même obliger quelques personnes à soigner ses animaux, tant ils étaient nombreux.
Avec le temps il devint si riche qu’il acheta toutes les terres qui entouraient le village.

Si bien qu’un jour il se déclara Roi et il ne se trouva personne pour contester.
 
Il épousa ensuite la plus belle jeune-fille du village et de leur union naquit un
fils, Joana, et une fille, Rasoa.





Le fils, qui était Prince, avait hérité de la force et de la vaillance de son père
ainsi que la beauté de sa mère.

Dès son tout jeune âge il rivalisait d’adresse avec les autres enfants et aucun
d’entre eux ne pouvait l’égaler.

Cela faisait la grande fierté de son père qui voyait en lui son digne successeur.

Mais Joana, avait hérité de sa mère un caractère généreux et serviable.

Autant il mettait de fougue à batailler, autant il était toujours prêt à rendre
service et à aider ceux qui en avaient besoin.

Cela ne faisait pas du tout plaisir à son père, qui considérait ces penchants
généreux comme des défauts, et il faisait des scènes à sa femme pour qu’elle
use de son influence auprès de son fils afin qu’il change.


Celle-ci disait oui, mais au fond de son cœur elle était très contente que son fils soit
différent de son père, et elle ne l’en aimait que plus.

Rasoa, elle aussi, avait hérité du caractère généreux de sa mère et était d’une beauté
telle que même les oiseaux s’arrêtaient de chanter pour l’admirer lorsqu’elle
se promenait.

Elle avait une camarade de jeux qu’elle affectionnait plus que toutes les autres, Mahéla.

Celle-ci était d’une gentillesse telle que tout le monde tombait sous son charme.

En fait quand vous en voyiez une vous pouviez être sûr que l’autre n’était pas loin.

Les années passant cette amitié ne fit que grandir.

Cela ne faisait pas du tout plaisir au roi car l’amie en question était la fille d’un pauvre pêcheur.



Le roi pensait qu’une telle amitié ne servait à rien et qu’il fallait que sa fille
prenne de la distance avec son amie.

Il avait essayé mainte et maintes fois de les séparer, mais à chaque fois ses
tentatives avaient échoué.

Rasoa et Mahéla étaient véritablement inséparables.

Leur amitié était telle qu’un jour elles décidèrent de faire fatidra, c’est à dire
devenir sœurs en mêlant leur sang.

Un lien indissoluble qui les unirait pour la vie.

Quand le Roi apprit leur intention il fut pris d’une grande colère !

Comment son enfant pouvait-elle mélanger son sang avec celui d’une simple fille de
pêcheur ?

 

Il trouva une bonne raison en disant que ce fatidra était impossible car Mahéla
était beaucoup trop pauvre.

Rasoa était très peinée de cela et vint en parler à sa mère.


Celle-ci, qui était très maligne et généreuse, trouva la solution :

-« Puisque ton père a décidé que c’était la richesse qui empêchait ce fatidra ce ne sera pas difficile d’arranger les choses ! »

Elle fit prélever dans le grenier royal cent grands sacs de riz et dit à sa fille:

-« Donne ces sacs à ton amie, qu’elle demande à tous ceux de sa famille d’en planter les grains cette année et le problème sera résolu ! »

Alors toute la famille de Mahéla se mit au travail, et le riz fut planté.


Cela demanda beaucoup de travail car personne n’avait jamais planté autant de riz,
mais quand vint le temps de la récolte ils furent bien récompensés.



Il fallut demander de l’aide dans les villages voisins pour venir couper le riz
tant il y en avait.

Cela fit beaucoup de bruit dans la région et le roi s’en étonna.

Comment la famille de Mahéla avait-elle pu avoir autant de semences ?

Il interrogea le gardien du grenier et celui-ci lui donna l’explication.

Le roi se mit dans une belle fureur, cria, hurla, tapa dans les chaises, mais dut
s’incliner devant le fait accompli, plus rien ne s’opposait à ce que les deux filles fissent fatidra.

Ce fut une belle cérémonie, tout le village était présent et tous appréciaient
beaucoup les deux jeunes filles.



Le roi, en apparence, semblait accepter sa défaite mais dans le fond de son cœur
il vouait une haine terrible envers Mahéla. Il ne pouvait imaginer des
sentiments qui n’existaient pas dans son cœur et il pensait que Mahéla n’était
amie avec sa fille que par intérêt.

Il convoqua le plus méchant de tous les sorciers et lui demanda de jeter un sort
sur la pauvre Mahéla.

Le sorcier, après avoir consulté ses graines de Sikidy, lui fit cette
réponse :




-« Oh grand roi, un sort sur cette fille je ne peux jeter, si grande est la force de
leur serment, seule une épreuve je peux tenter ! »

Le roi acquiesça, et c’est ainsi que Mahéla fut confrontée au maléfice !

Cela se produisit lors d’un retour de la pêche. Mahéla possédait une belle pirogue
et les deux filles avaient beaucoup de plaisir à partir pêcher dans la baie de
temps en temps.

Ce jour-là la pirogue était remplie de poisson, vraiment une belle pêche.



Les deux amies avaient installé la petite voile et se laissaient porter par la
brise de mer du matin qui ramène les pêcheurs à la maison. Rasoa à l’avant,
s’était assoupi et Mahéla tenait le gouvernail en rêvassant.

Soudain, l’eau se mit à bouillonner autour de la pirogue et un monstre prodigieux sortit
de la mer. Une tête énorme, mi-homme mi-poisson, aux yeux globuleux et
hypnotiques s’adressa en ces termes à Mahéla :

-« Ho, jeune demoiselle, écoute-bien ce que je vais te dire !

Celle qui dort là, celle que tu appelles ta sœur, si elle mange un seul de ces
poissons elle mourra !

Et si tu la préviens c’est toi qui trépasseras ! »

Et avant que Mahéla n’ait le temps de dire quoi que ce soit, le monstre disparu
dans un dernier remous.

Que dire, que faire ? Mahéla chercha désespérément la solution à ce
casse-tête.
Si elle ne disait rien, sa sœur mourait, si elle la prévenait c’est elle que la
mort prendrait !
La seule solution était de se débarrasser des poissons, Mahéla les jeta tous par
dessus-bord.
Mais quel dommage de perdre une si belle pêche !

Enfin, ce qui comptait c’était que sa sœur ne risquât plus rien.

Quand la pirogue toucha le rivage, Mahéla réveilla Rasoa et lui dit :

-« Hé quoi ! Nous sommes attaqués par une bande de gens belliqueux, ils me
menacent, ils prennent tous nos poissons et toi tu ne te réveilles
pas ! »

La princesse était toute éberluée de ce que lui disait sa sœur, des gens qui vous
attaquent pour vous prendre votre poisson cela ne s’était jamais vu !

Mais elle ne douta pas un instant de la véracité de ses dires et la rassura en lui
disant :

-« Ho ma sœur, je suis désolée d’avoir dormi pendant que tout cela arrivait, mais ne
t’inquiète pas pour les poissons ce qui compte c’est que tu n’aies pas été
blessée ! »

Mahéla avait réussi à déjouer le monstre et sa sœur était saine et sauve.

Mais ce n’était pas fini pour autant.

Quelques jours plus tard les deux amies partirent chercher des patsy. (Des petites
crevettes!)
Elles partirent tôt le matin et en attrapèrent beaucoup.



 

Cela leur avait prit toute la matinée et leur avait ouvert l’appétit.

Après avoir déjeuné d’un peu de manioc bouilli et de bananes frites qu’elles avaient
emporté, elles décidèrent de faire une petite sieste avant de redescendre au
village.

La princesse fut prise aussitôt d’un sommeil profond, mais Mahéla n’eut pas le
temps de s’endormir.

Surgissant de nulle-part, un monstre effrayant, mi-homme mi-sanglier lui tint ces
propos :

-« Ho, jeune demoiselle, écoute-bien ce que je vais te dire !

Celle qui dort là, celle que tu appelles ta sœur, si elle mange une seule de ces
patsy elle mourra !

Et si tu la préviens c’est toi qui trépasseras ! »

Que dire, que faire, quel embarras !

Mahéla réfléchit longuement, et ne trouva d’autre solution que se débarrasser des
patsy.

Elle se leva doucement, ramassa le panier rempli des petites crevettes et s’en alla
le jeter au loin.

Ensuite elle réveilla Rasoa et lui dit :

-« Hé quoi ! Nous sommes attaqués par une bande de gens méchants, ils me
menacent, ils prennent nos patsy et toi tu ne te réveilles pas ! »

La princesse était toute éberluée de ce que lui disait sa sœur, des gens qui vous
attaquent pour vous prendre vos patsy cela ne s’était jamais vu !

Maiselle n’avait aucune raison de douter de la véracité des dires de sa sœur et
elle lui répondit :

-« Ho ma sœur, tout cela est bien étrange, mais je suis contente qu’il ne te soit rien arrivé.

Rentrons, je vais avertir mon père de ce qui se passe, il faut mettre un terme à tout
cela ! »

Mahéla était bien embêtée, elle savait que le père de sa fidèle amie ne l’aimait pas
et elle redoutait sa réaction.

Dès qu’elles furent rentrées au village Rasoa alla voir le roi son père et lui raconta toute l’histoire.

Bien évidemment celui-ci fit l’étonné, et sans mettre véritablement en doute la
parole de Mahéla il fit remarquer qu’à chaque fois Rasoa était endormie et que
Mahéla était le seul témoin.

Néanmoins il promit de faire patrouiller des hommes afin qu’ils recueillent d’éventuels
témoignages sur les agissements d’une bande de voleurs dans la région.

Inutile de vous dire que ceux-ci revinrent bredouilles, et que personne n’avait vu ou
entendu parler d’une bande de voleurs dans les environs.

L’affaire en resta là et rien ne se passa pendant quelques jours jusqu’à ce que les deux
amies aillent dans la forêt chercher du miel.

Il faut savoir chercher et ne pas se faire piquer par les abeilles, mais les deux
amies étaient très adroites et bientôt leurs pots d’argile cuite furent pleins
de rayons savoureux.



Comme elles étaient gourmandes elles s’arrêtèrent sur le chemin du retour pour en
déguster !

Une fois rassasiées, elles décidèrent de se reposer un peu et la princesse
s’endormit aussitôt.

Avant que Mahéla n’en fasse autant un monstre terrible, mi-homme mi-lémurien, d’une
taille gigantesque surgit devant elle et lui dit :

-« Ho, jeune demoiselle, écoute-bien ce que je vais te dire !

Celle qui dort là, celle que tu appelles ta sœur, si elle rapporte un seul de ces
rayons de miel au village, elle mourra !

Et si tu la préviens c’est toi qui trépasseras ! »

Que dire, que faire, c’était très embarrassant.

Mahéla réfléchit longuement et ne trouva d’autre solution que de jeter le miel au
loin.

Ensuite elle réveilla sa sœur et lui dit :

-« Hé quoi ! Nous sommes attaqués par une bande de gredins itinérants, ils me menacent, ils prennent notre miel et toi tu ne te réveilles pas ! »

La princesse, une fois de plus, fut toute éberluée de ce que lui disait sa sœur, des gredins qui vous attaquent pour vous prendre votre miel cela ne s’était jamais vu !

Même si elle avait entière confiance en son amie elle commençait à trouver tout cela
bien étrange et dit :

-« Ho ma sœur, toutes ces attaques pendant que je dors cela m’inquiète, heureusement qu’il ne t’est rien arrivé. Rentrons au village, je ne me sens plus en sécurité dans cette forêt ! »



Les deux amies redescendirent au village et Mahéla sentit que Rasoa commençait à
douter d’elle, cela l’attrista beaucoup mais elle ne pouvait rien dire !

Une fois rendues au village la princesse rentra chez-elle sans souhaiter bonne nuit
à son amie, c’était la première fois que cela arrivait. Mahéla en était toute
chagrinée et se rendit au bord de la mer pour se consoler en regardant les
vagues.

C’est alors que l’horrible monstre, mi-homme mi-poisson, surgit des flots et
dit :

-« Ho, jeune demoiselle, écoute-bien ce que je vais te dire !

Ce soir, quand la lune sera haute, je viendrai prendre la vie de ta sœur.



Si tu la préviens, ou si tu racontes cela à qui que ce soit, c’est toi qui
mourras ! »

Et Avant que Mahéla n’ait le temps de répondre le monstre disparut dans les flots.

Que dire, que faire, quel cruel dilemme !

Si Mahéla prévenait sa sœur du danger qui la guettait elle mourrait.

Si elle ne disait rien c’est la princesse qui trépasserait.

Mahéla réfléchit longuement, la tête entre les mains, puis se leva et rentra chez-elle.

Elle prit son meilleur sabre, et passa et repassa la pierre à affûter sans relâche
sur la lame jusqu’à ce qu’elle devint une arme mortelle.

Dès qu’elle eut finit elle se rendit au bord de la mer.

Puisque le monstre ne lui laissait pas d’autre solution elle l’affronterait cette
nuit !

Elle ne manquait pas de courage, ni d’adresse non plus, et l’intensité de son lien
de sang était tel qu’elle donnerait sa vie pour sauver celle de sa sœur s’il le
fallait !

Quand la lune fut haute dans le ciel étoilé, l’eau bouillonna et en surgit le monstre
gigantesque et effrayant : il était haut comme trois hommes, sa tête
couverte d’écailles abritait une gueule énorme remplie de dents acérées, de
chaque côté de son corps aussi dur que la peau du requin s’agitaient trois
tentacules qui fouettaient l’air de la nuit sauvagement.

Pour se déplacer il possèdait quatre jambes courtes et velues qui lui donnaient une vitesse incroyable.

Tout cela avait de quoi glacer le sang du plus téméraire des guerriers, mais mahéla
ne se laissa pas impressionner.

Dès que le monstre posa la première patte sur le rivage elle se jeta à l’attaque et
donna sans relâche des coups de son sabre patiemment aiguisé.

Mais dès qu’elle coupait un membre celui-ci repoussait aussitôt. Elle coupait une
patte, elle repoussait, elle coupait un tentacule, il repoussait…

Mahéla ne se décourageait pas et frappait sans cesse, bientôt le rivage fut couvert
des morceaux ensanglantés de la bête.

Alors que les forces de notre amie commençaient à décliner, sur un dernier coup de
sabre le monstre roula sur le sable et Mahéla, sans perdre un instant, lui
trancha la tête.



Elle releva encore son arme, prêt à frapper de nouveau, mais rien ne se passa.

Le monstre avait été vaincu, Mahéla avait été la plus forte. La tête ne pouvait
repousser et la bête ne reviendrait plus.

Mais il restait maintenant à nettoyer le rivage afin de le débarrasser de toute
trace de bataille, il en allait de la vie de la princesse. Si quelqu’un voyait
cela, comment Mahéla pourrait-elle s’expliquer ?

Elle ramassa un à un les membres du monstre et les chargea dans sa pirogue.

Elle s’éloigna loin de la côte et restitua à l’océan la bête qui en était issue.

Lorsqu’elle eut enfin terminé, alors que le jour se levait et qu’elle allait rentrer
chez-elle, le roi vint à passer et découvrit Mahéla son sabre à la main.

-« Hé, que fais- tu à cette heure à roder près du village un sabre à la main ? »

Mahéla ne pouvait répondre, sinon sa sœur mourrait.

-« Répond donc, mauvaise fille, toi qui as fait fatidra avec ma fille pour voler ses
richesses.

Explique ta présence près du village alors que tu n’as rien à y faire à cette heure ! »

Mais Mahéla ne pouvait rien dire, et son silence était pour le roi un aveu de ses
mauvaises intentions.

Alors, le roi réveilla le village de sa voix tonitruante et demanda que le Fokonolona
soit réuni sur le champ afin de débattre du cas de Mahéla.

Le conseil du village fut vite réuni, le roi prit la parole :

-« Hé, vous tous, membres de ce village, vous êtes réunis aujourd’hui pour juger cette
scélérate de Mahéla. Je l’ai surprise ce matin, le jour se levait à peine, alors qu’elle rodait animée de mauvaises intentions armée d’un sabre. Elle était venu pour voler, pour tuer peut-être, cela nous ne le saurons jamais car elle ne veut pas répondre à mes questions !

-Ho, répondit Mahéla, c’est vrai que j’étais là cette nuit, mais je n’étais pas
venue pour faire du mal, ça c’est vous qui le dites ! De toute façon tout
le monde sait que vous me haïssez, faites moi juger si tel est votre désir mais
moi je n’ai rien à me reprocher ! »

Le roi fulminait, son cœur était rempli de haine et il demanda au fokonolona de la
condamner à mort.

Entendant cela, Rasoa, interpella son père et lui dit :

-« Père, tu ne peux demander la mort de Mahéla, elle est ma sœur!

-Je ne veux pas le savoir, c’est une mauvaise fille, elle mérite le châtiment des
voleurs et des assassins. Sinon qu’elle s’explique sur ce qu’elle faisait cette
nuit ! »

Mais Mahéla ne voulait toujours rien dire, elle regardait son amie et ses yeux
l’imploraient.

-« Si Mahéla doit mourir, alors je mourrais avec elle ! » Dit la princesse.

-« Tu es ma fille, tu feras ce que je te dirai, ne te mêle pas de cela ! » Répondit le roi.

Et, animé soudain d’une rage incontrôlable, il saisit un couteau et se jeta sur
Mahéla.

Alors, devant la foule médusée, Mahéla prit ses jambes à son cou et se jeta dans la
mer.

Elle nagea de toutes ses forces et alors que l’ensemble du village s’était levé à sa
poursuite elle disparut soudain dans les flots.

Rasoa resta pétrifiée de ce qu’elle venait de voir, sa sœur s’était noyée sous ses
yeux !

Sa sœur était morte, son amie la plus chère avec laquelle elle partageait tout,
son double, sa confidente !

Une grande douleur monta en son cœur et sans se soucier de l’assemblée réunie elle
se mit à pleurer.

Son père lui demanda de ne pas montrer sa peine mais elle n’écoutait plus, un
ressort caché venait de se briser en elle et une grande lassitude succéda aux
pleurs.

Rentrée chez-elle, la princesse s’alita et bientôt plus aucune nourriture ne passait à
travers ses lèvres.

Au bout de quelques jours sa faiblesse était si grande que sa mère s’alarma, sa
fille était son plus cher trésor et elle redoutait de la voir périr.

Elle s’en fut consulter un sorcier qui était bien connu pour faire le bien et lui
demanda conseil.

Celui-ci consulta ses graines de sikidy et répondit :

-« Hé, noble reine, la maladie de ta fille vient de son lien de fatidra , seul le
retour de son amie Mahéla pourrait la faire revenir aux joies de la vie !

-Comment faire pour faire revenir celle que la mer a engloutie ?

-Il faut que amènes ta fille ici, ensuite elle et moi irons en un lieu secret
demander au lolobé, le grand esprit des eaux, ce qu’il faut faire. Mais sache,
noble reine, que l’on ne dérange pas le lolobé sans risque. Peut-être ne
reviendrons-nous pas de cette entrevue ! »


La reine réfléchit un moment, il fallait qu’elle prenne une décision importante,
la vie de son enfant était en jeu.

Mais elle savait que si rien n’était tenté sa fille mourrait bientôt, aussi
accepta-t-elle et partit chercher la princesse.

Il fallut une chaise avec des porteurs pour emmener Rasoa jusqu’au sorcier.
Ensuite, grâce à une potion d’herbes, la princesse eut assez de forces pour
accompagner le vieux guérisseur jusqu’au repaire du lolobé.( C’était la petite
île qui se trouve dans la baie de Manompana, mais il ne faut le dire à personne
car c’est un secret !)

Celui-ci n’appréciait pas d’être dérangé par des humains et la terre trembla lorsqu’il
frappa le sol de son pied.

-« Comment osez-vous venir troubler ma quiétude ? » Hurla-t-il de sa voix
caverneuse.

-« Nous sommes venus interroger le plus instruit des êtres des eaux ! »
Répondit le vieux sorcier qui était un fin diplomate.

En effet le lolobé adorait qu’on le flatte, c’était son seul point faible.

Les paroles du sorcier étaient du miel à ses oreilles et cela eut pour effet de
l’apaiser.

-« Et de quel conseil avez-vous besoin ? » Demanda-t-il d’une voix
plus tempérée.

Alors ils lui expliquèrent toute l’histoire, depuis le commencement.

Lelolobé resta silencieux un long moment et finit par répondre :

-« Dans cette affaire des forces magiques ont été employées, c’est un de tes pareils
qui est la cause de tout cela ! » Dit-il en regardant le vieux sorcier.

Puis s’adressant à Rasoa :

-« Ta sœur n’est pas morte, c’est la force de votre fatidra qui la maintien en vie.
Si tu veux qu’elle revienne parmi les humains il te faudra subir une épreuve,
mais attention, si tu échoues vous périrez toutes les deux!

Es-tu prêt à risquer ta vie pour ta soeur ? »

La princesse, sans hésiter, répondit par l’affirmative.

-« Très bien. Dit le lolobé. Pour commencer, je te demanderai de me donner toutes les
richesses que tu dois hériter de ton père, tout, sans exception ! »

Rasoa accepta de tout donner.

Le lolobé était un peu surpris, il ne pensait pas que la princesse accepterait de
donner toutes ses richesses, aussi demanda-t-il encore plus :

-« Je veux que tu me donnes tout ce qu’il te sera possible de gagner par la suite,
tout, sans rien oublier ! »


Publié à 07:35 le 2.06.2008 dans Livres Contes
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