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Suite....

S

es frères et sœurs furent quelque peu dépités de la réponse mais n’insistèrent pas afin de ne point éveiller de soupçons dans l’esprit de leur benjamin.

Ils s’en retournèrent dans leurs demeures respectives après force démonstration d’affection envers leur frère.

Mais, sur le chemin du retour, ils discutaient entre-eux et se disaient qu’il devait fatalement posséder quelque chose de magique qui l’avait aidé à se procurer toutes ces richesses !

Aussi, décidèrent-ils de revenir le voir et d’essayer par tous les moyens de lui tirer les vers du nez. Ils se donnèrent rendez-vous pour le dimanche suivant et rentrèrent chez-eux.

Quand le dimanche fut arrivé, Rakoto vit revenir ses frères et ses sœurs qui le saoulèrent allègrement, car cette fois-ci ils avaient apporté deux fois plus de rhum et de betsa que lors de la première visite.

Quand ils le virent bien gai, chantant à travers le village, ils l’interrogèrent de nouveau :

- « Hé, petit frère, dis-nous comment tu as pu construire autant de cases si belles, nous n’en avions jamais vu de pareilles auparavant ? »

- « Ah, mes frères, en vérité vous pouvez me croire, c’est Zanahary, qui m’a fait cadeau de tout cela ! »

Une fois de plus, Rakoto avait su garder le secret, malgré les vapeurs d’alcool qui embrumaient son esprit.

Ses frères et sœurs s’en retournèrent encore une fois déçus, mais ne se tinrent point pour perdants définitivement et se donnèrent rendez-vous pour le dimanche suivant.

Cette-fois, ils emmèneraient un groupe de musiciens, les meilleurs de la région, pour que la fête soit plus grande encore, et aussi beaucoup plus de boisson.

C’est ainsi que le dimanche venu, petit frère vit de nouveau sa famille arriver en fanfare.

Ils n’avaient pas lésiné sur la boisson, on parle de six bidons de betsa, de cent litres de rhum et encore deux ou trois caisses de vin.

De quoi saouler tout le village !

Quand la fête fut à son paroxysme, ils interrogèrent de nouveau Rakoto :

- « Hé Petit frère, dis-nous comment tu as pu meubler ta case de toutes ces belles choses, jamais auparavant nous n’avions vu tant de nattes moelleuses, de chaises confortables et de tables finement sculptées ! »

Et Rakoto répondit :

- « En vérité mes chers frères, tout cela, c’est Zanahary qui me l’a donné ! »

Encore une fois, Rakoto avait su tenir sa langue, ses frères et ses sœurs s’en retournèrent plus dépités que jamais, surtout que toutes ces libations coûtaient cher !

Aussi, sur le chemin du retour, décidèrent-ils de tenter une dernière fois leur chance le dimanche suivant, cette fois ils feraient en sorte de le faire parler.

Et pour ce faire, ils firent les choses en grand, ce n’est pas moins de deux cents litres de rhum, mille litres de betsa et trois barriques de vin qui furent acheminé à dos d’homme jusqu’au village de Rakoto.

Ce fut vraiment une fête mémorable, durant trois jours et trois nuits ce ne fut que chants et danses, car les musiciens n’avaient pas été oubliés.

Au petit matin du quatrième jour, lorsque le raisonnement du benjamin fut complètement occulté par l’alcool, ses frères et sœurs lui demandèrent :

- «Hé, Petit frère, dis-nous d’où te viennent toutes ces marmites qui trônent dans ta cuisine, elles brillent tant que l’on dirait de l’or ! »

Et pour son grand malheur, ne se contrôlant plus, le petit dernier leur répondit :

- « En vérité je vous le dis, c’est une vovo magique qui m’a donné tout cela, le soir je la mets dans la rivière et le lendemain lorsque je la retire, elle contient ce que j’ai demandé ! »

Pauvre Rakoto, il avait tant bu qu’il venait de dévoiler son secret sans s’en rendre compte.

Ensuite, vaincu par l’alcool, il s’endormit comme une masse.

Dès qu’il fut endormi, ses frères et sœurs s’emparèrent de la vovo et l’emmenèrent avec eux.

Tout cela pour rien d’ailleurs, car la vovo n’était magique que pour leur petit frère, mais cela ils ne le savaient pas. Ils eurent beau la plonger mainte et maintes fois dans la rivière qui traversait leur village, jamais elle ne leur donna le moindre petit cadeau.

Quant à Rakoto, à son réveil, tout avait disparu, plus de village, plus d’amis, plus de volailles et de zébus, et surtout plus de femme aimante et tendre.

Les oiseaux perchés en haut des arbres virent le triste spectacle de notre ami errant comme une âme en peine au milieu de ce qui avait été un village prospère et heureux et qui n’était plus maintenant qu’un espace désert de terre battue.

S

on hébétude fut grande et dura longtemps, quel choc de se retrouver de nouveau sans rien, plus pauvre que le dernier des pauvres, quand on a connu l’opulence et le bonheur de la présence d’une épouse attentionnée. Ce n’est que plusieurs jours plus tard, lorsque survint une forte pluie, que Rakoto sortit de sa torpeur.

Il s’abrita sous un arbre aux larges feuilles et réfléchit à ce qui venait de lui arriver. Il comprit qu’en révélant le secret à sa famille il avait rompu le charme et se rappela ce que sa femme lui avait dit : Qu’elle disparaîtrait à jamais !

Il ne pouvait accepter de vivre le restant de ses jours sans la douce présence de son aimée à ses côtés et décida d’aller demander conseil au sorcier de son ancien village.

C’était un vieil homme dont personne ne connaissait l’âge car même les plus anciens l’avaient toujours connu vieux. Il habitait dans une modeste maison à la lisière de la forêt et connaissait le secret des plantes qui guérissent. Il était aussi capable de lire l’avenir et communiquait parfois avec les esprits.

Il était sûrement le seul qui pourrait faire quelque chose si cela était encore possible !

Rakoto se mit aussitôt en route, il espérait de tout son cœur que le vieux sorcier puisse lui faire retrouver son épouse ! Tout le reste lui importait peu, il trouverait le courage de tout reconstruire, de tout replanter si celle qu’il aimait était à ses côtés !

Arrivé au seuil de la maison du vieil homme, il appela doucement :

- « Hé, grand-père êtes- vous là ?

- Oui, je suis là, et qui me demande ?

- C‘est Rakoto, et j’ai grand besoin d’aide !

- Alors entre mon enfant, et raconte-moi tes malheurs ! »

Rakoto lui raconta toute son histoire.

Le vieux sorcier le laissa terminer, mais il la connaissait déjà, car les Razanas lui avaient tout raconté.

-« Rakoto, tout n’est pas perdu ! Lui dit-il.

- Je sais où se trouve ta femme en ce moment, et si tu veux bien suivre les conseils que je vais te donner, tu peux encore la retrouver ! »

Rakoto ouvrit grand ses oreilles et écouta ce que lui disait le vieux sorcier :

-« Tu vas prendre ce sentier qui va vers l’ouest, et sans jamais le quitter tu marcheras jusqu’à ce que tu rencontres une rivière. Cette rivière est pleine de crocodiles qui n’attendent que l’imprudent pour en faire leur déjeuner. Pour traverser cette rivière il y a deux pirogues.

L

’une d’elle est toute neuve, grande et spacieuse, munie de belles pagaies. L’autre est toute petite, mal taillée et pleine de fissures, un morceau de branche de cocotier fait office de pagaie. Il faudra que tu emprunte la petite pour traverser la rivière. Soit bien attentif à ce que je te dis, tu traverseras la rivière sans te préoccuper des crocodiles qui viendront nager près de toi, tant que tu feras ce que je t’explique maintenant rien de mal ne pourra t’arriver. Et n’oublies pas de prendre de quoi écoper car cette embarcation fuit de toutes parts, tu as bien compris ? Bon, une fois la rivière franchie, tu continueras ta route en suivant le sentier. Il sera bordé d’arbres magnifiques chargés des plus beaux fruits que l’on puisse imaginer, des mangues, des letchis, des oranges, des goyaves ainsi que des bananes et des ananas à profusion. Tous ces fruits seront mûrs à souhait sauf quelques-uns uns qui seront à moitié verts. Si tu as faim ce sont les moitié verts que tu dois manger, écoutes-bien ce que je te dis car c’est très important: ce que tu recherches est un bien très précieux c’est pour cela que l’on attend de toi obéissance et contrition.

Un peu plus loin, le sentier passera à travers un champ rempli de zébus impressionnants de force qui te sembleront prêts à te piétiner sauvagement. Il ne faudra pas contourner cet obstacle, il te faudra traverser le champ en marchant d’un pas tranquille, sans courir. Si tu fais ce que je t’indique rien de mauvais ne pourra t’arriver. On te demande d’avoir une confiance absolue et de dominer ta peur !

Un peu plus loin le sentier s’engouffrera dans la forêt, elle sera si dense que tu auras l’impression d’étouffer.

Les arbres immenses sembleront murmurer autour de toi et tu ne verras plus la lumière du soleil. Il faudra continuer à marcher droit devant toi en regardant tes pieds et rien de mauvais ne pourra t’arriver. Dans l’obscurité de la forêt c’est la force de ton amour qui illuminera ta route !

Au bout du sentier il y aura une clairière, au milieu de laquelle tu verras quelques maisons. Tu seras près de ton but mais une horde de chiens enragés bondira à ta rencontre. Il ne faudra pas céder à la panique sinon ils te dévoreront, tu resteras immobile au milieu du chemin et lorsqu’ils seront devant toi tu leur diras seulement : « couchés, les chiens, couchés ! » Et ils te laisseront passer. Encore une fois on fera appel à ta maîtrise de soi, car l’objet de ta quête est très important et demande beaucoup de courage !

Ensuite tu suivras les chiens qui t’emmèneront à une maison.

La porte sera ouverte, tu y entreras.

S

ept personnes seront assises autour d’une grande table chargée des mets les plus fins qu’il soit possible de déguster. Il restera une place libre, la place du maître de maison, une magnifique chaise en bois de rose finement sculptée. Les habitants te proposeront de t’y asseoir, mais il te faudra refuser. Tu préfèreras t’asseoir par terre sur une natte.

Chaque fois que l’on te proposera quelque chose d’exceptionnel, il faudra toujours refuser et choisir ce qu’il y a de plus modeste. Si tu agis ainsi, peut-être retrouveras-tu l’objet de ton amour ! »

Rakoto remercia le vieil homme pour tous ses bons conseils et sans plus attendre se mit en route.

Quand il arriva à la rivière, il y avait bien deux pirogues, une grande et une petite. Il emprunta la petite comme le vieux sorcier le lui avait indiqué et traversa sans encombre non sans avoir beaucoup écopé. Il mangea une banane encore verte pour apaiser sa faim, n’eut pas peur des zébus, son amour éclaira le sentier dans l’obscure forêt, les chiens se couchèrent à ses pieds et il fut bientôt devant la maison comme le lui avait prédit le vieux sorcier.

Il frappa à la porte et on lui dit d’entrer, les occupants lui proposèrent de s’asseoir sur la chaise en bois de rose sculpté.

Mais Rakoto refusa poliment et demanda à s’installer sur la natte avec les enfants.

Il refusa encore lorsqu’on lui proposa les plats de fête au fumet odorant et se contenta de manger du riz et des brèdes. Une fois qu’il fut restauré, on lui montra sa chambre avec un grand lit tout moelleux garni de draps de soie. Mais une fois encore Rakoto refusa et alla se coucher sur un goni rempli de kapok.

Le lendemain, il se leva à l’aube et se rendit dans la cour pour se débarbouiller. Une jeune femme magnifique aux longs cheveux dorés se présenta avec une bassine d’eau chaude et se proposa pour le laver. Rakoto refusa encore et se lava à l’eau froide de la rivière. Quand il revint à la maison le conseil familial était réuni. Celui qui semblait être le chef de famille lui tint ce propos :

-« Nous savons qui tu es et ce qui t’amène ici. Ton cœur est sûrement sincère pour être arrivé jusqu’à nous et nous ne doutons point de ton amour pour notre fille. Mais ta faute est grande et il te faudra encore la chercher dans le village. Elle t’attend dans une de ces maisons, impatiente de te serrer à nouveau dans ses bras. Il te suffira de pousser la porte pour qu’elle te soit rendue, mais tu ne pourras en ouvrir qu’une. Si ce n’est pas la bonne, ton épouse sera perdue définitivement. C’est la dernière épreuve, fais bien attention ! »

R

akoto se mit aussitôt en quête de sa belle, mais toutes les maisons du village étaient identiques, ainsi que toutes les portes, comment pourrait-il savoir quelle maison choisir ?

Il réfléchit pendant quelque temps, puis se dit qu’il ferait mieux de retourner demander conseil au vieux sorcier qui avait su si bien le guider jusqu’ici.

Il fit donc le trajet en sens inverse, aussi vite que ses jambes lui en donnaient la possibilité et arriva enfin chez le vieil homme plein de savoir.

-« Grand-père, aide-moi, j’ai fait tout ce que tu m’as dit, mais maintenant je ne sais comment trouver la maison où m’attend ma tendre et douce aimée !

-Ne t’inquiète pas, Rakoto, pour te guider tu vas demander l’aide d’un oiseau. Si ton cœur est sincère il y a fort à parier qu’il s’en trouvera un pour t’aider !

-Mais comment demander cela à un oiseau ? Dit Rakoto en pleurnichant.

-Ah, cesse de pleurnicher et débrouille-toi tout seul, ce que tu cherches demande de l’initiative et je ne t’en ai que trop dit ! » Lui rétorqua le vieux sorcier d’une voix qui ne souffrait plus aucune autre question.

Rakoto s’en fut la tête basse, ne sachant trop que faire. Demander l’aide d’un oiseau ! Bien plus facile à dire qu’à faire !

Il était perdu dans ses réflexions lorsqu’il entendit au-dessus de lui le cri d’un perroquet : « Kraar, Kraar ».

Rakoto leva les yeux et vit, confortablement installé sur la grosse branche d’un letchi, un grand perroquet Vasa qui semblait le regarder en riant.

-« Hé, monsieur perroquet, ne pouvez-vous m’aider à retrouver celle que j’aime, ma douce et tendre épouse par ma faute perdue ? »

-Et pourquoi devrai-je t’aider ? N’est-ce point dans vos habitudes de nous tuer pour nous manger ? » Et le grand perroquet à ces mots s’envola en se moquant : « Kraar, Kraar »

Tant pis, ce ne serait pas le perroquet qui l’aiderait dans sa quête.

Rakoto continua à marcher et entendit un canard sauvage qui volait au-dessus d’un champ de riz : « Tsiriri, tsiriri »

-« Hé, monsieur canard, ne pouvez-vous m’aider à retrouver celle que j’aime, ma douce et tendre épouse par ma faute perdue ? »

Sans daigner se poser le canard lui répondit :

-« Et pourquoi devrai-je t’aider, n’est-ce pas dans vos habitudes de nous jeter des pierres lorsque nous venons manger quelques grains de riz ? »

Et il s’éloigna à tire d’ailes : « Tsiriri, tsiriri »

Non, ce ne serait pas le canard sauvage qui l’aiderait dans sa recherche.

Rakoto continua son chemin de plus en plus dépité et entendit le cri d’un aigle : « Ki-ouu, ki-ouu ». Il leva les yeux et vit un majestueux aigle-pécheur qui tournait au-dessus de lui.

Rakoto mit ses mains en porte-voix et lui cria :

-« Hé, monseigneur l’aigle, ne pouvez-vous m’aider à retrouver celle que j’aime, ma douce et tendre épouse par ma faute perdue ? »

L’aigle sembla hésiter un instant, suspendant son vol en équilibre sur l’air, puis descendit se poser près de notre ami :

-« Et pourquoi devrais-je t’aider, n’est-ce point dans l’habitude de tes semblables de venir jusque dans mon repaire pour dénicher mes œufs ? »

Mais, avant qu’il ne reprenne son envol, Rakoto lui fit cette proposition :

-« Roi des oiseaux, si tu m’aides à retrouver mon aimée, je te fais le serment que jamais plus de mon vivant et de ma descendance ton repaire ne sera troublé ! »

L’aigle réfléchit un instant, scruta de ses yeux perçants l’âme de Rakoto, et finit par accepter le pacte.

-« Suis-moi, je vais te montrer où elle se trouve ! »

Et d’un coup d’aile puissant il s’éleva dans les airs. Rakoto, quant-à-lui, devait courir de toute la force de ses petites jambes pour ne pas être distancé.

Essayez-donc de suivre un aigle à la course et vous verrez !

Malgré tout, notre ami arriva bientôt devant la maison sur le toit de laquelle l’aigle l’attendait.

-« Voilà, c’est ici que t’attend ton aimée, j’ai rempli ma part du pacte, n’oublie pas la tienne ! » Et, sans attendre de réponse, le puissant oiseau disparut rapidement dans le ciel !

Notre ami, tremblant d’émotion, frappa à la porte :

“ Toc, toc, toc! ”

À sa grande joie, ce fut sa femme qui vint lui ouvrir et l’accueillit dans ses bras avec un grand sourire.

Le vieux sorcier avait bien dit la vérité.

Pendant que les deux amoureux s’embrassaient tendrement, le beau-père vint les voir et dit à Rakoto:

-« Maintenant que tu as retrouvé ta femme, emmène-la, reconstruisez votre vie, soyez heureux tous les deux et ayez sept fils et sept filles ! »

Ils s’en retournèrent la main dans la main, et avec la seule force de leur amour récupérèrent ce qu’ils avaient perdu. D’abord une maison, puis un champ de riz, suivirent les volailles et les zébus, et bientôt de nouveau tout un village prospère et harmonieux.

En ce qui concerne le serment fait à l’aigle, Rakoto tint parole et, dans la région de Manompana, jusqu’à nos jours nul n’est autorisé à venir troubler la quiétude de l’aigle pécheur.

Pour ce qui est de nos deux amoureux, c’est avec une grande joie qu’ils reprirent leur vie d’avant.

Car on apprécie mieux les choses quand elles nous ont manqué !

Cela aurait pu être la fin de l’histoire si les frères et sœurs de Rakoto n’étaient revenus pour encore le questionner :

-« Hé, petit frère, dis-nous comment tu as pu obtenir tout ce qui est ici, toutes ces richesses dont on parle dans la région ?

Cette fois-ci Rakoto leur répondit :

-« En vérité je vous le dis, si vous désirez vraiment le savoir allez rendre visite au vieux sorcier de votre village, il vous dira tout ! »

Aussitôt, les frères et les sœurs partirent voir le vieux sorcier et lui demandèrent ce qu’il fallait faire pour obtenir toutes les richesses dont leur frère avait bénéficié.

-« Qu’avez-vous besoin de demander plus que ce que vous possédez déjà ? Grogna le vieil-homme. Pourquoi jalouser votre frère alors qu’il vous suffit de faire prospérer vos terres ? »

Mais les frères et sœurs de Rakoto ne l’entendaient pas de cette oreille, ils argumentèrent chacun tant et tant, que pour en être débarrassé le vieil homme leur expliqua ce qu’il fallait faire. Il leur donna les mêmes conseils et les mêmes avertissements qu’il avait prodigués à Rakoto.

L’histoire des deux pirogues, des fruits qu’il fallait bien choisir, des zébus, des chiens, sans oublier la phrase destinée aux ossements.

Dès qu’il eut fini, les frères et sœurs se mirent en route sans même l’avoir remercié.

Quand ils arrivèrent à la rivière, ils regardèrent les deux pirogues et dirent :

-« Pourquoi irions-nous prendre la petite pirogue qui prend l’eau, alors qu’il y a la grande toute neuve à côté qui semble très solide ?

Et ils traversèrent la rivière avec la grande pirogue.

Ensuite, en voyant les arbres chargés de fruits appétissants ils dirent :

-« Pourquoi ne mangerions-nous pas ces magnifiques bananes, ces gros letchis et ces oranges juteuses ? Faudrait-il que nous choisissions ceux qui sont encore verts ?

Et ils se régalèrent des plus beaux fruits.

Quand ils furent en vue des zébus impressionnants et agressifs, ils eurent peur et dirent :

-« Pourquoi irions nous risquer notre vie en marchant au milieu d’un tel troupeau ? Devrions-nous avoir confiance dans les paroles d’un vieux fou ? »

Et ils firent un détour de plusieurs kilomètres pour les éviter.

Quand ils arrivèrent dans la forêt ténébreuse ils ne purent trouver dans leur cœur la moindre petite flamme d’amour pour les guider ! Ils durent marcher à l’aveuglette et se cognèrent à tous les arbres qui bordaient le sentier.

Un peu plus loin, lorsque les chiens les poursuivirent en aboyant, ils coururent encore plus vite et grimpèrent dans un arbre pour leur échapper..

C’est là que les villageois vinrent les chercher pour les emmener dans la maison aux chaises en bois de rose sculpté.

Dès qu’ils furent entrés, on leur proposa les fameuses chaises pour qu’ils s’asseyent.

Les frères et sœurs, n’en faisant toujours qu’à leur tête, s’y installèrent avec satisfaction.

Les habitants leur offrirent ensuite un repas princier, avec les mets les plus rares et les boissons les plus fines qu’il était possible de trouver dans la région.

Les frères et sœurs ne se firent pas prier pour faire honneur à toute cette bonne chère.

Ils mangèrent, burent, rirent fort et se tapaient mutuellement sur les épaules en disant :

-« Nous serions bien bêtes de ne pas profiter de tout cela ! »

Une fois le repas fini, on les conduisit dans les magnifiques chambres à coucher avec les lits moelleux parés de draps de soie.

Ils se jetèrent sans attendre sur les lits et s’endormirent rapidement, l’estomac rempli de toutes les bonnes choses qu’ils venaient d’ingurgiter.

Au chant du coq, alors qu’ils dormaient encore d’un sommeil profond, les habitants vinrent les réveiller à coups de pieds en disant :

-« Debout les chiens, quittez cette maison, c’est la poussière des chemins votre demeure maintenant ! »

l

es frères et les sœurs de Rakoto voulurent se plaindre d’un tel traitement et dire qu’ils étaient venus chercher les richesses qui avaient été offertes à leur petit frère.

Mais ils ne pouvaient plus parler, ils avaient bel et bien été transformés en chiens et seuls des gémissements apeurés s’échappaient de leurs lèvres.

Ils s’enfuirent sous les coups de pieds que leur prodiguaient allègrement les gens de la maison. Ensuite ils durent s’enfuir encore sous les pierres et les quolibets que leur lançaient les villageois.

Ils s’enfuirent et vinrent se réfugier dans le village de leur frère.

Ce même frère qu’ils avaient chassé de leur village, ce frère qu’ils avaient condamné à l’exil parce qu’il ne savait pas gagner de l’argent.

C’est donc auprès de lui qu’ils vinrent chercher refuge.

La femme de Rakoto, voyant cette meute de chiens errants la queue basse, reconnut les frères et sœurs de son époux.

Elle appela celui-ci et lui dit :

-« Regarde ces bêtes qui gémissent à mes pieds, ce sont tes frères et tes soeurs qui ont été transformés en chiens ! »

Hé oui, ils n’avaient pas appliqué les directives du vieux sorcier. Alors que l’on attendait d’eux humilité et obéissance, ils n’avaient été qu’orgueil et vanité. Impossible de déceler dans leurs cœurs pourris de jalousie la moindre petite parcelle d’amour.

C’est pourquoi Zanahary les avait transformés en chiens.

Leur ultime chance dans leur malheur c’est que Rakoto eut pitié d’eux et les garda auprès de lui. Malgré tout le mal qu’ils lui avaient fait, il n’était pas homme à garder rancune de sa propre famille.

C

’est l’amour de son prochain qui fait de nous des êtres accomplis.


Publié à 07:00 le 2.06.2008 dans Livres Contes
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