Nous voilà de retour à Madagascar.
Nous avons cette fois-ci pris le chemin des écoliers
car l'aéroport de Tamatave étant fermé
(à cause d'un candidat à l'élection présidentielle voulant rentrer au pays)
nous avons atterri à l'aéroport d'Ivato à Antananarivo.
Les formalités de visa (12€) et douanières n'ont jamais été aussi rapides,
je suis époustouflée.
En à peine une demi-heure nous avons notre visa,
passé la douane et récupéré nos bagages !!!!!
Aprés une soirée dans la famille,
nous reprenons notre vol le lendemain pour Toamasina.
Dimanche 5 novembre 2006
Nous sommes bien décidés cette foi-ci d'atteindre Mananara.
En juillet dernier nous avons été contraints
de faire demi-tour à Soanirana-Ivongo
suite aux mauvaises conditions météo.
Nous décidons, de bonne heure,
d'aller à la gare routière de Tamatave
pour nous renseigner des horaires de Taxi-brousse.
Nous embarquons notre paquetage
au cas où des places seraient disponibles.
Coup de chance, un taxi-brousse est sur le départ pour Soanirana-Ivongo,
1ère étape du parcours et 1er Bac.
Cette fois-ci,
nous n'avons rien préparé, nous partons à l'aventure !!!
nous emprunterons les moyens de transport que nous trouverons.
De toute façon à moins d'avoir un 4x4 personnel (compter environ 80 €/jour)
c'est le seul moyen pour atteindre Mananara
Les nombreux bacs et le trés mauvais état de la route aprés Soaniranana nécessite obligatoirement un 4x4.
Le moins onéreux est donc de se débrouiller
au fur et à mesure des étapes.
Aprés une attente de deux heures !!!!!!!!
nous sommes arrivés à 7h et oui,
il faut attendre que le taxi-brousse soit plein.
Nous voilà partis vers le Nord Est en Taxi brousse,
à la Découverte de la piste en direction de Mananara avec ses nombreux ponts et bacs,
où alternent foret primaire et les abondantes cultures:
vanille, café, girofle, cannelle, litchis etc..
Aprés aussi quelques frayeurs
car il a fallu attendre la 3ème station essence pour avoir du gasoil,
nous prenons enfin la route.
J'ai souvent décrit cette route dans mes anciens carnets de route.
Je vous invite donc à y retourner y faire un tour.
Le voyage en taxi-brousse est vraiment une expérience à vivre
au plus prêt de la population malgache,
mais il ne faut pas être pressé car les arrêts sont fréquents.
Nous arrivons à Soanirana à 13h30
soit environ 4h de route pour faire 160 kms sur une bonne
et toujours aussi belle route.
Juste avant d'arriver à Soanirana
nous bifurquons et empruntons une piste de terre assez cahotique
et arrivons à un gros village à l'intérieur des terres.
Nous débarquons un bon nombre de personnes
et en rembarquons autant.
Nous patientons une bonne demi-heure,
nous sommes les seuls Vazahas et
faisons l'objet de bien des curiosités
mais toujours avec le sourire.
Nous reprenons la route et faisons de belles rencontres.
Nous arrivons enfin à Soanirana Ivongo,
lieu que nous commençons à bien connaître puisque c'est de cette embarcadère
que l'on prend le bateau pour Sainte-Marie.
L'endroit n'a guère changé depuis novembre,
même s'il ne pleut pas on ne peut pas dire que l'endroit soit trés chouette.
Le chemin est toujours aussi cabossé,
bref aucune amélioration.
C'est donc également à cet endroit
que l'on prend le bac pour aller de l'autre côté de l'embouchure.
Pour le moment notre préocupation première est de trouver un véhicule
pour pouvoir être à Manompana ce soir pour notre première étape.
Nous trouvons un premier 4x4 mais le chauffeur est en train de réparer,
il vient de casser son radiateur et
nous dit de patienter car il compte repartir dans deux heures.
Vu l'heure et le nombre de kilomètres à parcourir
et surtout le nombre de bacs à traverser, nous risquons de voyager de nuit.
Nous ne voulons pas prendre de risque et essayons de trouver un autre véhicule.
La chance est avec nous, un véhicule est prêt à monter sur le bac et
on nous propose deux places.
Juste pour la formalité on s'assure
quand même qu'on ne sera pas entassé à 50.
On nous rassure mais bon je ne suis convaincue qu'à moitié,
vu le nombre de personnes sur le bac mais là,
nous n'avons pas vraiment le choix.
Une fois tout le monde embarqué, c'est la même histoire qui recommence.
Y A PAS D'ESSENCE !!!!!!!!!!!!!!
On vient bien sûr voir les Vazahas.
Manque de bol pour eux on connait la chanson, comme tout le monde est embarqué et qu'il est hors de question que nous financions une traversée théoriquement gratuite.
Il faudra bien trouver une solution.
La solution par miracle est trés vite trouvée !!!!! siphonnage de 5l par véhicule.
Et bien voilà, tout s'arrange.
C'est çà qui a de bien à Mada, on finit toujours par trouver une solution.
Et nous voilà, enfin parti.
C'est la plus longue traversée de bac que nous faisons mais cette traversée est sympathique, bonne enfant, à regarder ces paysages verdoyants et cette population tout sourire.
Je ne vois pas le temps passer.
Nous voilà arrivée de l'autre côté. L'heure de vérité approche.
Et là je commence à me rendre compte que la vraie aventure va commencer quand je vois au moins 15 personnes s'approcher du 4X4 Toyota Hilux.
Nous avons beau dire que jamais nous allons pouvoir tous rentrer.
MAIS SI MAIS SI!!!!!!!!! nous dit-on.
Résultat, il y a 3 personnes sur le toit,
3 en cabine devant (pas nous ?!?!) et 13 à l'arrière.
Et bien aussi incroyable que cela puisse paraître,
nous sommes tous rentrés.
Au total 19 personnes.
Faut le vivre pour le croire.
Une fois calé, on ne pouvait plus trop bouger.
Mon seul regret c'est de ne pas avoir pu faire de photo.
Et nous voilà partis pour un périple de 40 kms
sur une piste sablonneuse et cahoteuse.
Il y a de l'ambiance, je peux vous dire.
Mes tympans s'en souviennent encore.
Une pauvre mamy bien gaillarde,
il faut voir avec quelle agilité, elle a grimpé dans l'arrière du 4X4,
a une énorme enceinte juste au niveau des ses oreilles.
Heureusement, elle doit être sourde car elle ne bronche pas.
Six jeunes filles parties en goguette à la ville
rentrent certainement dans leur village.
Elles sont trés délurées et se trémoussent au son de la musique.
Elles se méfient car se rendent compte que mon mari comprend et parle le malgache.
Cela reste bon enfant mais
heureusement que j'étais là...........elle me l'aurait kidnappé !!!!
Un petit aperçu en vidéo, juste pour vous donner une petite idée !!!!!
Merci Errorist
Vingt Kilomètres plus loin passage du 2ème le bac Bac Andrangaza,
il est déjà 16h.
A 17hOO passage du 3ème bac le bac de Fandarazana
Prochainement ce bac n'aura plus lieu d'être.
La Société Colas est en train d'achever le pont, et elle fait du sacré boulot.
A 18h passage du 4ème bac le bac de Fandrazana
Je ne peux pas faire de photo, il fait nuit noire. Nous passons à pied le pont qui doit être bétonné dans une vingtaine de jours.
Tandis que le véhicule traverse avec le bac.
Donc pour résumer au jour d'aujourd"hui, il ne reste plus que deux bacs à passer de Toamasina à Manompana.
Je donne cette information car au moment de la préparation de mon voyage, il m'a été trés dificile d'avoir des renseignements à ce sujet.
Les derniers kilomètres sont pénibles, nous sommes trimbalés de gauche à droite, de haut en bas. J'ai mal aux fesses, aux doigts à force de m'aggriper. Mais alors quelle expérience.
Un seul mot INOUBLIABLE !!!
On a bien rigolé, bien chanté malgré tout.
Nous arrivons en pleine nuit à Manompana vers 18h30. Il fait nuit noire. Nous demandons à notre chauffeur de nous amener chez Wen Ki à l'hôtel Bon Ancrage, en croisant les doigts pour que nous ayons un lit.
Nos souhaits sont exaucés, un bon repas et un bon lit nous attend.
Lundi 6 novembre 2006
Au petit matin, nous découvrons notre environnement.
Quel calme, quel sérénité.
Un vrai bonheur, depuis le temps que je voulais venir à Manompana.
J'y suis enfin.
Mon but en venant à Manompana est d'aller dans la forêt d'Ambodiriana
et aller admirer sa cascade.
La forêt d'Ambodiriana est l'une des forêts primaires de Manompana, gérée par la communauté locale appuyée par une association réunionnaise appelée ADEFA
(Association pour Défense d’Ambodiriana).
Basée à Saint-Leu à la Réunion, l'ADEFA s'est vue confiée la gérance de la forêt d'Ambodiriana par le gouvernement Malgache. Elle s'est donnée pour tâche de protéger mais aussi de contribuer à l'étude scientifique de cette fantastique réserve de bio-diversité qui s'étend sur 400 hectares à 200 kms au nord de Tamatave.
Ambodiriana (qui signifie "au pied de la cascade") est une forêt primaire humide de basse altitude, extrêmement dense
dans laquelle sont aujourd'hui recensés pas moins
de 492 espèces végétales connues.
A celles-ci s'ajoutent 180 espèces végétales inconnues repérées.
La bio-diversité est grande tant sur le plan végétal que animal. L'Adefa a vite compris que la protection de cette parcelle de forêt primaire elle-même au milieu d'une immense zone forestière implique un changement des habitudes des villageois qui sont trés proches de la nature.
La forêt leur donne tout ce dont ils ont besoin.
Et notamment le bois de chauffage et de construction, l'espace nécessaire à la culture sur brulis, ou bien encore l'opportunité de couper du bois précieux pour le compte de trafiquants. L'association et les villageois ont donc misé sur le développement de l'écotourisme.
Ils ont commencé par installer un camping amélioré à la lisière de la forêt. Aujourd'hui, le campement dispose d'une case, d'un dortoir et de quatre bungalows en falafa (des feuilles de ravinala, l'arbre du voyageur) avec des toilettes, des douches et un endroit pour faire la vaisselle.
Ils ont crée un sentier botanique et ont formé sept guides, des jeunes qui parlent français et anglais. Le droit d'entrée dans la forêt est fixé à 10 000 ariary, soit moins de 4 euros.
Aprés le petit-déjeuner,
nous demandons à notre hôte de contacter le guide de l'Adefa
car nous voulons profiter de la belle journée ensoleillée
qui s'annonce pour visiter la forêt.
Nous n'attendons pas longtemps
et faisons la connaissance d'Auqustin,
notre guide pour la journée.
Nous traversons le village et passons devant l'école et la biblothèque.
Pour nous rendre dans la forêt d'Ambodiriana,
nous devons traverser le village de Manompana.
Manompana est un charmant petit village,
niché au coeur d'une magnifique baie :
La baie de Tintingue
Le site est absolument paradisiaque.
Ici la nature domine complètement l'environnement.
La végétation est exubérante, d'une richesse incomparable.
La baie s'étend sur plusieurs kilomètres
bordée d'une multitude de cocotiers
et la barrière de corail située à 2 km du rivage
permet de se baigner en toute sécurité.
Nous nous trouvons juste en face de l'ïle Saint-Marie.
Augustin s'avère être un guide sympathique,
parlant trés bien français.
Il prend son métier de guide trés au sérieux.
Nous avons de la chance.
Nous voilà donc partis tous les trois
pour un périple d'environ 20 km (10 à l'aller et 10 au retour).
Le sol est humide,
et il y a beaucoup de Fotaka ( prononcez foutak, boue).
Nous escaladons des troncs d'arbres morts,
des racines pour traverser de petits ruisseaux.
Au bout de 5 km Augustin
nous informe que nous allons traverser les rizières et
qu'il est préférable de retirer nos chaussures.
Effectivement par endroit
nous allons avoir de la boue jusqu'au mollet.
En fait je vais marcher toute la journée pieds nus.
Je ne me rechausserai qu'à 5 kms du village au retour.
C'est quand même plus prudent du point de vue sanitaire.
C'est vraiment trés agréable de marcher pieds nus
en contact étroit avec cette terre chaude et moelleuse.
J'ai souvent vu des rizières de loin,
au bord de la route mais cette fois j'y suis dedans,
entourée de part et d'autre.
La couleur verte se décline d'une multitude de tons,
du plus clairs au plus foncés.
C'est tout simplement magnifique.
Nous longeons la rivière Manompana.
Parfois nous marchons dans son lit.
Il m'arrive même d'être téméraire.................enfin un petit peu !!!!!!!!!!!
Je tiens bon !!!!!!!!
Nous faisons de belles rencontres.
Cette magnifique jeune femme
est en train de pêcher des petites crevettes appelées chevrettes
avec une grâce incroyable.
Sans le vouloir,
nous faisons peur à deux gamins
qui ne s'attendaient pas à tomber nez à nez avec nous.
Dés qu'ils nous aperçoivent,
ils décampent comme l'éclair laissant sur place leurs deux zébus.
On a beau,
les appeller rien ni fait ils restent cachés
jusqu'à ce qu'on ait à notre tour disparu.
C'est une région trés peu fréquentée par les touristes,
nous rencontrerons quelquefois cette crainte en particulier des enfants.
Augustin nous apprend qu'une rumeur a circulé
comme quoi les vazahas enlevaient les enfants !!!!!!
Est-ce une invention des parents
pour faire obéir leurs enfants
je n'en saurais pas plus.
Nous croisons des petites bêtes sympathiques.
D'autres un peu moins à mon goût.
Mais complètement inoffensif.
Tout d'abord
un boa de Madagascar "Sanzinia madagascariensis"
en train de dormir au soleil,
et qui ne fait aucun cas de notre présence.
Bravo Augustin, car sans lui je serai passée à côté sans l'apercevoir.
C'est l'avantage de prendre un guide.
Nous avons de la chance,
nous croisons une autre de ces bébettes,
un superbe serpent noir et jaune "le Leioheterodon madagascariensis",
une des plus grandes espèces visibles à Madagascar apres les boas.
Effectivement nous en rencontrerons un autre à Antanembé.
Attention, même si son venin n'est pas toxique pour l'homme, il est reputé comme agressif.
Effectivement on s'en aperçoit rien qu'en regardant la photo !!!!!!!
Cela fait quatre heures que nous marchons
et je ne m'en suis même pas rendue compte.
Nous arrivons sur le site de l'ADEFA.
Augustin nous amène à la pépinière,
où sont cultivés les plans pour le reboisement.
Car ici le problème de la déforestation se pose aussi
et il suffit que je regarde autour de moi. pour apercevoir
çà et là des trous béants au milieu de cette végétation dense.
La coutume ancestrale
veut que celui qui plante une rizière devient propriétaire du sol.
Toutes les rizières
que nous avons traversées ont remplacé la forêt originelle.
Bien sûr de nos jours
cette coutume n'a plus lieu d'être
mais dans ses lieux reculés tout le monde fait ce qu'il veut .
Nous voilà arrivés au but de notre marche, la cascade d'Ambodiriana.
Il paraît qu'en mer on peut voir miroiter ses chutes d'eaux.
Elle est splendide !!!
La baignade est sans risque, alors autant en profiter.
Nous déjeunons tranquillement,
le temps de reprendre quelques forces
et surtout de goûter pleinement de ces instants magiques,
loin de tout en harmonie totale avec la nature.
Nous empruntons le même chemin
pour le retour avec quelques surprises.
Le niveau des petits cours d'eau change
avec la marée et en repartant c'est plutôt marée montante
et nous nous retrouvons par moment avec de l'eau à raz la culotte !!!!
Nous nous séparons d'Augustin
et le remercions pour cette formidable journée
que nous venons de passer en sa compagnie.
Si ce récit vous donne envie de venir dans cette région,
il faut absolument que vous alliez sur le lien ci-dessous.
Vous en saurez un peu plus sur ce charmant village
qui essaie de s'en sortir en proposant un tourisme hors des sentiers battus profitables à tous.
En marchant vers le campement,
nous commençons à nous demander
comment nous allons quitter Manompana.
Ici il n'y a rien d'organisé.
Augustin nous a conseillé de nous poster
sur le bord du chemin de bonne heure le matin et d'attendre.
On se s'inquiète pas trop.
Avant de quitter Tana j'avais laissé une partie de nos affaires,
nous ne sommes pas trop chargés.
Aussi un peu de marche ne nous fait pas peur,
( 40 bornes quand même !!!)
nous trouverons bien une âme charitable sur la route.
En arrivant , devant l'hôtel,
un 4X4 est en train de décharger
des casiers de boissons (THB nationale !!!).
Nous reconnaissons le chauffeur
que nous avions rencontré au bac de Soanirana
en train de réparer le radiateur de son véhicule.
On apprend qu'il n'a traversé le bac que ce matin,
heureusement que nous avons eu du flair !!!!!!!!
On aurait perdu une journée.
A tout hasard, nous lui demandons s'il ne va pas du côté d'Antanambé.
Et bien, oui, la chance est avec nous.
Mais nous partons de suite,
nous n'avions pas prévu de partir si tôt,
mais une occasion pareille cela ne se refuse pas.
Et hop, il n'a pas fallu 10 minutes et nous voilà reparti sur les pistes.
Les conditions sont bien plus confortables.
Nous débarquons quelques kilomères plus loin
deux jeunes filles...............trés timides cette fois-ci !!!
et nous avons le 4X4 Toyota Hilux pour nous tout seul.
Quel luxe !!!!!
Antanambé est une petite commune
sur la route de Mananara
à une quarantaine de kilomètres de Manompana.
Cette fois-ci nous avons deux bacs à franchir
(en tout 6 depuis le départ et ce n'est pas fini)
Le premier bac se trouve à 12 km, il s'agit du bac d'Anove.
Nous sommes encore une fois chanceux, le bac est sur le point d'accoster.
Le problème avec le bac c'est qu'il peut se trouver de l'autre côté de la rive,
et pour traverser cela prend un certain temps............
surtout à Mada.
Mais bon pour cette fois c'est gagné.
Notre allure est des plus correcte,
la route est assez tourmentée mais notre chauffeur l'a connaît bien
ce qui lui permet de garder une bonne allure.
En ce moment c'est la collecte du girogle,
toute la population est en effervescence.
Lui-même ne fait pratiquement pas de transport de passagers
en ce moment et
se consacre presque complètement au girofle.
Nous avons vraiment eu beaucoup de chance
que nos chemins se croisent.
Cette année est une trés bonne année, le girofle est abondant.
Nous croisons beaucoup de monde
avec des ballots gonflés à bloc, sur la tête ou sur les vélos.
Dans les villages, des familles entières s'activent à trier le girogle
pour ensuite le faire sécher au soleil la journée.
Nous arrivons au deuxième bac,
le dernier avant Antanambé,
le bac Manambato en début de soirée et
cette fois le bac est bel et bien de l'autre côté.................
Il est tard, la nuit ne va pas tarder à tomber.
Le bac met un certain temps voire un temps certain pour arriver et à l'accostage nous apprenons qu'il n'y a pas d'essence !!!!!!!!!
La traversée se fera donc à la perche................
et de nuit !!!!!!!!!!!!
Normalement les bacs n'ont pas le droit de circuler le soir à partir de 18h,
je crois bien que c'est pour cette raison que nous traversons à la perche.
Car sinon il y a une amende.
C'est vraiment une belle expérience, une traversée sans bruit de moteur, juste le clapotis de l'eau, sous un ciel extraordinaire.
Il fait nuit noire lorsque nous arrivons à Antanambé.
Nous avons décidé d'aller
chez "Grondin" adresse bien connue dans la région Est.
Mais on espère toujours que
la chance ne nous quitte pas car nous n'avons rien réservé,
il n'y a pas de téléphone.
Ici nous sommes coupés du Monde.
Enfin pas tout à fait ....
nous verrons plus tard que grâce au satelllite
nous avons des nouvelles à la télévision.
Nous voilà donc arrivés,
et Mme Grondin nous apprend ................ qu'il n'y a plus de places !!!!
Nous voilà bien car il n'y a pas d'autres hébergements dans le coin. La structure est toute petite avec seulement 4 bungalows.
A notre grand étonnement 3 touristes réunionnais voyageant ensemble
nous proposent de se regrouper dans un seul bungalow et ainsi en libérer un pour nous. Nous sommes trés touchés par leur offre et
surtout trés contents et soulagés.
Aprés notre installation,
nous nous retrouvons tous à la salle à manger et
au fil de la discussion
nous nous apercevons que
la famille Grondin connaît trés bien la famille de mon mari.
Que le monde est petit !!!!
Du coup nous ne pouvions rester au départ qu'une seule nuit
faute de place, nous y restons 3 nuits.
Le lendemain matin,
nous découvrons un endroit merveilleux !!!!
Je vous laisse vous en rendre compte à travers les photos.
A Antanambé
il existe aussi de belles balades en forêt
mais aprés la forêt de Manompana nous préférons consacrer notre journée à la mer.
Pour être vraiment franche ..............
j'avais envie d'une petite journée cool et d'un peu de farniente !!!!
Nous décidons d'aller nous baigner
sur un banc de sable
à environ une demi-heure de bateau au milieu de l'océan.
Un vrai régal !!!!
Journée de repos réussie que je passe en grande partie
à lire le livre de Bernard Ollivier "Longue Marche",
vraiment trés bien !!!
Le lendemain, nous apprenons
que c'est la fête au village.
En effet le F.I.D. (Fond International de développement)
doit venir remettre un chèque au maire de la commune.
Les objectifs du F.I.D sont de contribuer
à la réduction de la pauvreté
et favoriser un développement inclusif et durable,
apporter des ressources financières aux communautés
et communes responsables et motivées,
leur permettant de lancer des sous-projets
et renforcer leur capacité pour devenir le gestionnaire exclusif
de leurs infrastructures de base
tant sur le plan technique que financier, y compris leur entretien.
Tous les enfants sont dans la rue,
les élèves des écoles sont rassemblés,
certains en rang devant la tribune
pour accueillir les personnalités officielles.
De nouveau le problème du transport se pose.
Nous avions répéré le premier jour en arrivant notre voisin,
un membre du F.I.D qui logeait dans le bungalow à côté du nôtre.
Mais pour être tout à fait franche
c'est sur son beau 4X4 que nous avons flashé avec surtout l'espoir
qu'il aille dans la même direction que nous.
Et bien super coup de bol !!!!!!!!!!!
Ce monsieur va à Mananara et accepte volontiers de nous emmener.
Mais depuis la veille au soir, nous ne sommes pas tranquille.
Le 4X4 n'est pas rentré hier soir !!!!!!!!!
Je rappelle que c'était la fête au village.
Et ce matin, le 4X4 n'est toujours pas garé devant le bungalow.
Nous commençons à douter
de la bienveillance de ce Monsieur et
pensons vraiment qu'il est parti en douce.
Mais bon, nous ne sommes pas trés chargés et...............
nous avons de bonnes chaussures.
De plus nous avions fait connaissance la veille d'un guide porteur
qui fait souvent la distance Antamanbé Mananara
et décidons de le faire appeler.
Mais alors que nous étions sur le point de partir avec notre guide,
le Monsieur au 4X4 arrive.
Nous étions pourtant décidés mais l'opportunité est trop belle.
Nous sommes vraiment désolés pour notre guide,
qui c'est mis sur son 31 pour nous accompagner.
Mais nous lui assurons que ce n'est que partie remise
car nous comptons vraiment faire cette route à pied,
c'est le meilleur moyen d'apprécier ce paysage unique et magnifique.
Pour emprunter cette route il n'y a que trois solutions,
la marche à pied, le vélo (nous en rencontrerons de nombreux !!!!
mais souvent pied à terre..........) et le véritable 4X4.
Et il ne faut surtout oublier de bien choisir sa période
car pendant la saison des pluies c'est carrémént impraticable.
Les bons mois pour venir dans la région sont mars avril mai et septembre octobre novembre. Les pluies, grosses averses sont surtout nocturnes.
Le ciel est en général couvert le matin, mais se dégage trés souvent vers le milieu de l'aprés-midi, le soleil faisant sa trouée parmi les cumulus.
Nous traversons des forêts de Ravenalas, de fruits à pain,
de bananiers, de cocotiers , de letchis, papayers,...............
La nature est vaiment généreuse.
Une vraie corne d'abondance !!!!
L'exposition directe aux vents alizés vaut à cette région de l'Est des pluies trés abondantes, propice au développement d'une forêt dense et toujours verte.
Nous longeons de plages fabuleuses, désertes.
Cette côte est extrêment naturelle et préservée.
Cette côte est particulièrement belle,
autrefois on la qualifiait communément
de "Riviéra Malgache".
Suivant un tracé particulièrement tourmenté,
elle offre des paysages extrêmement variés.
La route est vraiment mauvaise
bien qu'elle se soit fortement améliorée
depuis quelques années d'aprés les dires des anciens.
Je disais donc que pour emprunter
cette route si on ne veut pas marcher ni pousser son vélo
il faut un véritable 4X4,
les plus téméraires peuvent venir en moto-cross ou en quad.
Nous en avons rencontré.
Mais alors là, bonjour le dos !!!!!!!!!!!!
De multiples rivières se jettent à la mer,
nous passons à nouveau deux bacs.
Les chantiers en cours sont trés nombreux
et font travailler la population de la région
pour la construction de ponts qui remplaceront
certains bacs et de petits ponceaux
afin de traverser tous ces petits bras de rivière.
Parfois il faut un peu d'huile de coude !!!!
Mais on y arrive !!!!!!!!!!!
Quand le bac est sur la bonne rive,
avec un moteur c'est quand même plus rapide.
Mais parfois rien ne vaut la bonne vieille pirogue !!!
Un bon petit repas,
une bonne petite sieste pour se remettre de la route et
nous voilà partis à la recherche de notre guide.
Nous rencontrons Marie-Louise,
une jeune femme de Mananara, guide officiel de l'Angap
qui sera notre guide.
Nous lui donnons rendez-vous pour le lendemain matin,
au programme marche d'environ une vingtaine de kilomètres
à travers la forêt de Mananara.
Nous voilà donc partis en ce samedi
d'un bon pied et le coeur léger sur les chemins bordés de plans de vanille,
de girofliers, d'innombrables arbres à letchis, de rizières, de bananiers,
de jacquiers, de fruits à pain................
Cette région est d'une incroyable générosité.
De chaque côté du chemin,
nous découvrons de petites cases bien proprettes
avec leurs nattes couvertes de girofles
qui nous chatouillent les narines de leur parfum.
Les hommes, les femmes et les enfants tout sourire
nous adressent à chaque fois
"Bonjour" "Salama" "Bola Tsara".
Les touristes sont rares dans cette région
et je m'aperçois encore une fois
que c'est bien nous touriste qui faussons les relations.
Dans ces régions où le touriste est rare,
personne ne tend la main,
aucun enfant ne dit "vazaha, donne l'argent, stylos bonbons !!!!
Pas une seule fois je n'ai entendu ces mots.
Nous ne rencontrons que de la courtoisie,
de l'écoute, de l'échange et ...............beaucoup de sourires.
En croyant bien faire,
certains voyageurs adoptent une attitude paternaliste
et distribuent monnaie, bonbons et stylos.
Ils ne font que perturber cette société par leurs dons dérisoires
qui n'ont ni sens ni utilité quand on y réfléchit un peu et brisent tout simplement
l'harmonie sociale.
Nous croisons une population travailleuse, heureuse que l'on vienne à sa rencontre.
Dans la langue malgache,
les malgaches utilisent deux mots pour nous désigner :
Le Vazaha = l'étranger qui a mon sens à un côté un peu péjoratif et
le Vahine = l'invité.
Dans cette région, je me suis vraiment sentie Vahine.
Du reste la population nous disez
"bonjour Vahine" et çà fait toute la différence !!!.
Nous continuons notre chemin et rencontrons un groupe d'hommes en train de construire une case. La tradition veut qu'avant de mettre le toit,
il faut rendre hommage à Zahanary (Dieu créateur) et aux Ancêtres. Des fleurs sont disposées à chaque extémité du toit pour porter chance aux nouveaux occupants de la case et
la Betsabetsa (alcool de canne) est versée au sol pour honorer les Ancêtres.
Bon, quelques gouttes sont quand même avalées au passage !!!
La marche est vraiment le meilleur moyen de rencontrer les gens. Nous n'imaginions même pas en quittant l'hôtel ce matin
les rencontres que nous allions faire.
Nous croisons sur notre route un groupe de personnes
en habits du dimanche comme on dit chez nous. Nous nous saluons,
et un Monsieur parlant trés bien français s'approche de nous et
entame la conversation. Il nous apprend qu'ils se rendent au village d'AMBODITANGENA
pour assister à une cérémonie en hommage aux Ancêtres "Le Tsaboraha"
et que si nous le désirons , nous sommes les bienvenus.
Aprés quelques secondes d'hésitation,
car nous ne nous attendions pas du tout à cette invitation,
nous nous rendons compte que c'est une chance inouîe
et nous acceptons volontiers. Nous avions bien entendu des chants lointains mais
nous ne savions pas à quoi cela pouvait correspondre.
Qu'est-ce-que le tsaboraha ????
Le Tsaboraha est une pratique traditionnelle répandue dans la région Est. En permettant le rassemblement de la communauté,
cette cérémonie est un moyen de renforcer les liens sociaux. Durant les trois jours de son déroulement,
le Tsaboraha requiert la participation de tous Après que la famille initiatrice ait obtenu
l’autorisation des esprits ancestraux,
hommes, femmes et enfants de la région se mettent à la tâche en participant activement à la préparation du rituel. A chacune des nombreuses étapes,
d’importantes quantités de " Betsabetsa " sont distribuées. Les hommes vont couper du bois que
les enfants sont allés chercher dans les forêts environnantes. Les femmes trient le riz. Les jeunes hommes du village procédent à une forme de tauromachie :
le "Tolon’omby" avec un jeune et robuste taureau
marqué d'une tache blanche au front. Une fois domptée la bête est amenée au " Fijoroana" ,
lieu sacré où il est sacrifié le lendemain après une veillée festive et une recherche de l’arbre sacré pendant la nuit. Après la mise à mort,
le corps du zébu est partagé et
préparé pour le festin qui peut parfois rassembler 1000 personnes.
Plus nous approchons, plus les chants se font plus présents.
Un homme approche et se présente,
il s'agit du Chef du village.
Difficile de vous décrire ce que nous ressentons à ce moment là. Il y a des gens partout. Des femmes sont assises à terre entourées de leurs enfants.
D'autres chantent et dansent.
Des hommes découpent le zébu,
alors que d'autres font déjà cuire des morceaux
dans de gros chaudrons sur un feu de bois.
D'autres sont déjà bien imbibés de Betsa-Betsa.
Nous nous frayons un chemin à travers tout ce monde
en suivant le chef du village qui nous amène devant
"les Tangalamena"
les doyens de la communauté pour leur demander
l'autorisation de notre présence et celle de faire des photos. Ce qu'ils acceptent volontiers.
Puis le chef demande aux villageois de faire silence Et il entame un discours en notre honneur. Nous n'imaginions pas que notre présence
puisse susciter autant de joie et surtout d'honneur.
Nous sommes les premiers Vazahas (étrangers) a assister à leur cérémonie
et ils sont trés honorés de notre présence et
surtout trés touchés que nous ayons accepté l'invitation.
Puis chaque Tangalamena vient, un à un, nous serrer la main.
Ensuite, il faut boire la Betsa-Betsa. IMPOSSIBLE de se dégonfler !!!!!!! Nous buvons donc .... du bout des lèvres !!!
la betsa-betsa dans une feuille de bananier !!!!!!!!!!!!
Que d'émotions !!!!!!!!!!!!!
Le chef tient absolument à ce qu'on ait notre morceau de zébu
comme tout le monde.
Nous acceptons volontiers,
et nous héritons d'un beau morceau de zébu
que nous faisons cadeau à Marie-Louise notre guide,
qui j'en suis sûre en fera bon usage ce soir à la maison.
Marie-Louise, non plus n'en revient pas. Cela fait 5 ans qu'elle n'a pas assisté à un Tsaboraha. En plus elle ne se doutait pas qu'elle allait rentrer avec un bon gros morceau de zébu ce soir à la case.
Le Chef du village nous accompagne jusqu'au chemin
et nous remercie encore de notre visite. Nous lui faisons une offrande pour son village
comme le veut la tradition et
repartons complètement chamboulés par ce que nous venons de vivre
et qui n'était pas du tout prévu au programme.
Depuis une semaine ce n'est que du bonheur !!!!!!!!!!!
Aprés un petit pique-nique,
bien au frais sous un énorme letchi,
nous reprenons la route du retour sous un soleil de plomb,
la tête plein d'images, le coeur plein d'émotions.............................
Après ces quelques jours de farniente et de détente, nous devons rejoindre Tana où notre guide Dany nous attend pour la deuxième partie de notre voyage. Et surprise, alors que je lui téléphone pour lui confirmer notre arrivée, il m’apprend qu’il est sur place à Tamatave, venu déposer des touristes. Nous prenons la route vers 17h et nous arrivons vers minuit à Tana. Là franchement, je déconseille vraiment de faire ce que nous avons fait.