Samedi 16 février 2008, le cyclone tropical intense Yvan frappait sévèrement Madagascar, en particulier la Côte Est. De nombreux dégats sont à déplorer en particulier sur l'Ile Sainte-Marie et la région de Fénérive-Est.
Des milliers d’enfants privés d’eau potable, de soins de santé et d’école, après le passage du cyclone Ivan sur le nord-est du pays.
L’Unicef a besoin de 4,8 millions $
Pour répondre à l’urgence provoqué par le passage des deux cyclones Fame et Ivan, l’Unicef a besoin de 4,8 millions $ (3,2 millions €). Cette somme doit permettre une réponse en terme d’eau et d’assainissement, de santé, de nutrition, d’éducation et de protection.
Le cyclone Ivan a frappé les districts de Sainte Marie, de Fénérive Est et de Vavatenina dans la journée du dimanche 17 février. 300 000 personnes sont affectées. Cette situation accroît la vulnérabilité d’une population très pauvre et l’inquiétude quant à la situation des personnes les plus fragiles. Sept malgaches sur dix vivent en-dessous du seuil de pauvreté. L’Unicef répond à l’urgence.
Incertitude alimentaire Dans les zones rurales, plus d’une habitation sur deux est détruite. De plus, selon le chef de district de Vavatenina « environ 60% des zones de culture ont été inondées. Dans les deux semaines à venir, ce sera l’incertitude. Les stocks de consommation des ménages seront épuisés ».
Infrastructures de santé anéanties
Dans la commune de Maromitety, la population est privée de soins de santé. Le seul et unique centre existant n’a pas résisté aux rafales de vents. Selon Jenny Raherimanana, médecin en chef de cette commune « le centre est endommagé à 90%. La quasi totalité du stock de médicaments a été perdu. Heureusement qu’on a pu sauver quelques doses de vaccins ». Les stocks de moustiquaires imprégnées d’insecticide sont insuffisants. La menace du paludisme est réelle, en particulier pour les enfants de moins de cinq ans.
Une situation sanitaire de plus en plus précaire
Comme l’indique un responsable de santé « l’accès à l’eau potable est devenu critique. Dans certains villages, toutes les bornes fontaines vers lesquelles la population s’approvisionnait ont été détruites. Les répercussions sanitaires peuvent être graves. De nombreux cas de diarrhée sont déjà constatés ».
Ecoles détruites
Un directeur de collège affirme que « plus de 7 000 élèves du primaire et du secondaire sont aujourd’hui privés d’école dans le district de Vavatenina. 143 salles de classe ont été endommagées ». Francelette, 15 ans, élève de 5e, témoigne : « J’ai perdu toutes mes fournitures scolaires. Notre maison a été complètement détruite et l’école aussi ».
Inondations à Tananarive
Dans la capitale, on recense près de 18 900 sans abri, en raison des fortes précipitations et de la rupture de certaines digues de protection.
L’aide apportée par l’Unicef et ses partenaires
Santé et nutrition : une campagne de vaccination contre la rougeole est prévue. L’Unicef a distribué des sels de réhydratation orale contre la diarrhée, des moustiquaires imprégnées et fourni des traitements contre le paludisme. L’Unicef a fourni aussi des trousses médicales d’urgences et à mis à disposition de traitements antibiotiques. Des équipes surveillent le statut nutritionnel des enfants et distribuent des biscuits à haute valeur énergétique.
Eau et assainissement : principal intervenant sur les questions d’eau et d’assainissement, l’Unicef a fourni des kits spécialisés comportant seaux, tasses, jerrycans et tablettes de purification pour l’eau. Des latrines mobiles ont été installées. Madagascar avait été frappée trois semaines plus tôt par le cyclone Fame, ce qui avait conduit l’Unicef a fournir déjà des kits à 2 200 ménages. 89 puits affectés sont visés par des interventions de nettoyage ou de réhabilitation. 83 doivent être forés et des pompes installées pour fournir de l’eau potable aux populations touchées.
Education : l’Unicef a acheminé vers les districts de Sainte Marie et de Vavatenina des tentes pour que la classe puisse reprendre, ainsi que des kits de matériel scolaire et des kits récréatifs. Suite au cyclone Fame, le district de Besalampy avait reçu de quoi faire classe à 400 élèves. La région de Sofia a reçu des tentes, du matériel et des bâches.
Il faut savoir que le cyclone Ivan, de catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, avait la même force que l’ouragan Katrina qui a dévasté la ville de la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis. Pour un pays déjà fragilisé on peut imaginer la catastrophe humanitaire que cela peut induire.
Le bilan du passage du cyclone tropical Ivan à Madagascar, il y a dix jours, s’est encore alourdi hier avec l’annonce, par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), du chiffre de 60 victimes décédées, contre une quarantaine recensées jusqu’alors. 17 disparus et 478 blessés sont également dénombrés par les autorités malgaches, auxquels ils faut ajouter 227 000 sinistrés et 147 000 sans-abris. 113 000 cases d’habitation ont été détruites ainsi que 1 202 autres bâtiments. 200 bovidés ont péri au cours du passage du cyclone qui a détruit 41 000 hectares de rizières. Pour sa part, la Plate-forme d’intervention régional de l’océan Indien de la Croix-Rouge (PIROI), basée à la Réunion, a dressé hier un premier bilan selon lequel « les données recueillies au cours de l’ensemble des évaluations permettront aux différents membres du mouvement Croix-Rouge de se concerter afin de déterminer les modalités d’une prochaine intervention d’envergure (sur plusieurs régions) qui pourrait être orientée vers la distribution de produits de première nécessité, des activités de traitement et distribution d’eau et de sensibilisation de la population ». La PIROI lance un appel à ses partenaires « afin de pouvoir maintenir et amplifier ses opérations en appui à la Croix-Rouge malgache auprès des populations sinistrées », estimant le budget nécessaire à environ 500 000 euros, dont près de 100 000 euros pour une première phase d’urgence.